École d’architecture
de la ville & des territoires
Paris-Est

Winter School 2027

Time Capsule:
Postwar in a bottle

Du 01.02.2027
au 05.02.2027
workshop
triennale

Chaque année, l'école organise à l’inter-semestre une Winter School d’une semaine réunissant près de  400 étudiants autour d’une problématique commune.

Time Capsule : Postwar in a Bottle, thématique de cette nouvelle édition placée sous le commissariat de Marion Lacas et Jacques Ippoliti, invite à interroger la dimension mythologique de l'héritage de l'après-guerre à travers un objet aussi familier qu’étrange : la capsule temporelle. Elle s’inscrit dans le cadre de la future et première édition de la Triennale de la ville et des territoires Postwar qui se déroulera à l'automne 2027 sur le campus et dans plusieurs institutions partenaires.

Ouverte aux étudiants de l’école ainsi qu'à ceux d'autres établissements français et internationaux, la Winter School est une semaine d'expérimentation collective qui permet d’interroger l’architecture, la ville et le territoire, encadrés par des professionnels et praticiens d'horizons variés : architectes, designers, artistes, photographes, urbanistes, chercheurs, etc.

La Winter School 2027 aura pour particularité de produire des contributions à la future Triennale de la ville et des territoires Postwar. Une sélection de productions réalisées pendant la semaine de février seront exposées à l’automne prochain sur le campus.

Lauréats et workshops 2027

01. La lettre volée et le marchand immoral
par Luca Merlini

La Lettre volée, nouvelle d’Edgar Allan Poe (1844), porte le message suivant : ce qui est le mieux caché est ce qui est le plus visible. De là vient l’idée que les contenus des capsules temporelles les plus intéressants ne sont pas forcément encapsulés, ils sont visibles. La somme des contenus forme un nuage qui nous encapsule. C’est donc nous qui sommes encapsulés.
À partir de ce constat, le marchand immoral décide de faire des affaires avec le monde des capsules : il veut mettre en vente tous les contenus des capsules : notre histoire, nos mœurs, nos idéologies, nos souvenirs, notre façon d’être, nos amours, notre tout… Il ouvre une boutique qu’il aménage avec des meubles-présentoirs à capsules.

Encadré par Luca Merlini

Luca Merlini, architecte EPFZ, a travaillé à New York et Paris avec Bernard Tschumi (chef de projet pour le Parc de la Villette). Avec son agence à Lausanne, il est l’auteur de projets qui marquent un fort engagement théorique, car à ses yeux construire une démarche est aussi important que construire un bâtiment. Ses recherches ont pour objet la fiction architecturale comme vecteur du récit du réel.
Professeur invité dans diverses écoles d’architecture (Genève, Strasbourg, Cagliari, Palerme, Naples, Trieste, Paris) il est aujourd’hui Professeur émérite de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais et membre de l’Académie d’architecture. Luca Merlini est aussi l’auteur de livres dont « Le XIQ, dits et dessins d’architecture » (Ed. Métispresses, 2017), « La traversée de ma bibliothèque » (Ed. Caryatide, 2024).


02. Autoroute era
par Cyprien Desrez

Le workshop propose de construire une architecture habitable en papier-mâché. L'ambition est de produire un édifice, tout en reprenant la mythologie de l'autoroute et son vocabulaire. Le bâtiment en carton, papier mâché et peinture permettra une circulation et existera par lui-même. Le workshop doit permettre de proposer autant un regard esthétique sur l'autoroute que sur le paysage qui est traversé. Les étudiants réfléchiront à l'idée d'espaces intérieurs et extérieurs. Le travail fini sera le résultat d'un effort collectif, généreux et curieux.

Encadré par Cyprien Desrez

Cyprien Desrez est né à Lisieux, Pays d'Auge, d’une mère infirmière libérale et d’un père palefrenier. Il est titulaire d’un Galop 2 et du permis B. Il a été élu as de la ligne Fried Chicken Nuggets aux McDonald’s de Touques en 2014. Il erre autant IRL que dans le monde numérique, autant sur les routes en auto-stop que sur les sentiers de Red Dead Redemption.


03. 2050: Woven Utopias - What We Will Have Won
par Léa Maisonneuve, Olivia Bordaz et Alice Jackson

En 1968, les étudiants et les ouvriers descendent dans la rue. Leurs pancartes n'ont pas obtenu gain de cause, mais elles ont marqué l'histoire.
Et si, cette fois, ils avaient gagné ?
Nous proposons un voyage dans le temps jusqu'en 2050, pour découvrir les banderoles qui ont porté les luttes d'aujourd'hui vers la victoire. Un workshop où la couture devient un outil de contestation, et le tissu recyclé, un matériau politique.
Les élèves créeront des pancartes textiles. Elles seront assemblées pour former une immense banderole, faisant écho aux manifestations de rue. Ces pancartes porteront sur l'avenir de l'État-providence, exprimant leurs désirs politiques d'aujourd'hui. En rejetant les arguments de rationalité, nous demandons aux élèves : quelle serait leur utopie ?

Encadré par Léa Maisonneuve, Olivia Bordaz et Alice Jackson

Léa Maisonneuve est architecte-scénographe diplômée de l'Ensa Paris-Est (2024). Récemment spécialisée en scénographie à Belleville, elle est assistante de production en ingénierie culturelle et coordination artistique au 104, à Paris. Danseuse à la compagnie Batché et scénographe bénévole pour Furia Collective, elle nourrit sa pratique d'un dialogue constant entre les disciplines artistiques.

Après un master d’urbanisme à Sciences Po Paris, un stage en architecture la persuade de l’intérêt de combiner toutes les échelles. Olivia Bordaz est diplômée du master Fragments de l’Ensa Paris Est. Via son mémoire et une expérience de chantier, sa pratique cherche à concilier artisanat et enjeux urbains. Elle travaille depuis mars 2025 dans l’agence Carter Gregson Gray à Londres.

Diplômée de l'université de Falmouth en 2023 en tissage et design durable, Alice Jackson suit actuellement un master en écologie politique à l'Université SOAS. Parallèlement, elle travaille dans une mercerie et école de couture. Ses recherches portent sur les intersections entre l'industrie de la mode et l'écologie, alliant ainsi sa formation en design à ses inspirations de justice climatique.


04. Street Cries
par Michael Langeder et Charles Bédin

Street Cries explore l'impact de l'automobile d'après-guerre sur la vie urbaine en ravivant la tradition disparue des « cris de rue ». Les étudiants transformeront des vélos en stations artisanales mobiles pour offrir des services hyper-locaux (réparation, café, barbier, etc.). À l'aide de matériaux de récupération et d'outils de métallerie, les participants devront concevoir et fabriquer trois modules pour leur vélo : un dispositif acoustique mécanique pour annoncer leur métier, un étendard visuel, et une micro-infrastructure déployable (table pliante, siège). La semaine s'achèvera par une parade performative à vélo, ramenant une animation sonore et une activité à taille humaine dans les rues du quartier.

Encadré par Michael Langeder et Charles Bédin

Michael Langeder créer des scénographies pour la vie quotidienne. Basé à Bruxelles, sa pratique se situe à la croisée de l'architecture, du design et de la performance. Il aborde les espaces du quotidien comme des scènes et les objets comme des accessoires. Cultivant un langage d'ambiguïté fonctionnelle, il produit une architecture déguisée réécrivant les rituels de tous les jours.

Charles Bédin, architecte et ferronnier basé à Bruxelles, a travaillé à Paris et Londres, notamment chez Caruso St John Architects. Installé à Bruxelles depuis 2017, il se forme à la ferronnerie aux Arts et Métiers. Au sein du collectif studiœmile, il conçoit et construit mobilier, éléments architecturaux et installations artistiques.


05. Appuyez ici !
par Clément Dauvilliers

Appuyez pour allumer, ouvrir, monter, chauffer, appeler, commander, générer. Au XXe siècle, surtout après-guerre, le bouton devient l’emblème d’un monde disponible sur commande : un geste minuscule déclenche des systèmes dont la complexité disparaît derrière l’interface. Aujourd’hui, écran tactile, commande vocale et IA amorcent à leur tour la disparition du bouton physique. Appuyez ici ! propose d’en faire une capsule temporelle du culte de la machine. En petits groupes, les étudiants fabriqueront automates, objets cinétiques, mécanismes ou bricolages à activer. Chaque commande produira une action inattendue, disproportionnée ou absurde. Le gag devient un outil critique pour révéler ce que l’automatisation nous permet de ne plus faire, voir ou comprendre.

Encadré par Clément Dauvilliers

Clément Dauvilliers est architecte, diplômé de l’ENSA Versailles, à la TU Munich et à Paris 1 Panthéon-Sorbonne, son parcours croise architecture, patrimoine et paysage. Après huit années en agences, il fonde son atelier en 2023. Lauréat de l’incubateur Échelle Un de l’Ensa Paris-Est en 2025, il développe une pratique attentive au déjà-là, aux usages et aux imaginaires.


06. Les fantômes de l'État-providence
par Claire Serres et Bettina Blanc Penther

Les fantômes de l'État-providence est un workshop de performance « in situ ». Le chorégraphe Bettina Blanc Penther et l'artiste vocaliste et performeuse Claire Serres allient leurs pratiques autour d'un désir partagé, celui de faire corps et lieu commun. Bettina et Claire proposent aux participants d'imaginer ensemble une hantologie des lieux, une série de rituels contemporains, en relation aux espaces intérieurs et extérieurs de l'école ou/et à ses alentours. Qu’est-ce qui hante nos espaces, nos corps ? Qu'est-ce qui se rejoue de notre histoire commune ? Comment exorciser ou invoquer les fantômes ? Le workshop propose de poser ces questions directement aux bâtiments, aux rues, aux murs, aux esplanades et d'écouter leurs échos.

Encadré par Claire Serres et Bettina Blanc Penther

Claire Serres est une artiste vocaliste et performeuse née en 1988, diplômée de la Haute École des Arts du Rhin de Strasbourg. Claire Serres vit et travaille en Seine-Saint-Denis où elle développe avec son association Sirène song, des expériences inclusives autour de la voix et de l'écoute. Elle a sorti Mües en février 2026, son premier album polyphonique.

Bettina Blanc Penther est chorégraphe et interprète basé à Paris, né·e en 1991. Bettina est diplômé·e du département Photo/Vidéo de l’École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris. Parallèlement, Iel collabore à des œuvres chorégraphiques et donne de nombreux ateliers de danse pour tous les publics. Bettina fonde en 2021 la compagnie No SMALL MESS avec Pauline Brun.


07. De la caverne à l’école
par Camille Boutemy et Félix Charmeroy

Les toiles de l’œuvre gonflée de JR deviennent la matière première d’une nouvelle architecture. Leur réemploi guidera la réalisation collective d’un grand volume gonflable à l’école. Flottant dans l’atrium, cette enveloppe légère habitera le vide et transformera les perceptions de l’école depuis les coursives. L’intérieur du gonflable contrastera grâce à un changement d’échelle et d’atmosphère : lumière et matière composeront un espace immersif et sensoriel. De la conception à la fabrication, les étudiants exploreront le potentiel du réemploi et des structures légères pour créer des espaces inédits avec une faible quantité de matière déjà là.

Encadré par Camille Boutemy and Félix Chameroy

Camille Boutemy est diplômée architecte. Elle a soutenu une thèse en 2025 à l'ENPC, sur la conception et la réalisation de structures gonflables utilisées comme coffrages. Elle a bénéficié d’une riche expérience en agence chez Barthélémy Grino Architectes. Elle est chargée de recherche pour le RSPA ENSAéco et enseigne dans les ENSA Paris-Est, Malaquais et à l’ENPC.

Félix Chameroy est architecte, plasticien et artisan. Formé à l’ENSA Paris-Malaquais, il complète son parcours par un CAP de chaudronnerie industrielle. Il développe une pratique à la croisée de l’architecture, de l’art et de la fabrication, notamment autour des structures gonflables. Il est fondateur de Dynamorphe et maître de conférences associé à l’ENSA Montpellier.


08. MetropOil
par Noé Toulouse et Akram Lemouchia

Chrome, vitesse, essence à volonté, la voiture a promis la liberté, avant que ses promesses ne se retournent contre elle : embouteillages, pollution, dépendance. Des Trente Glorieuses à aujourd'hui, la controverse n'a jamais cessé. Ce workshop prend les outils de l'architecture pour construire MetropOil, métropole fictive héritée des fantasmes de l’après-guerre, en s'appuyant sur les projets utopiques et les images promotionnelles de l'époque comme grammaire architecturale. Chaque équipe fera atterrir sa position radicale et interrogera son envers logistique : usines, entrepôts, réseaux d'approvisionnement qui la rendent possible, pour enfin restituer le point de vue d’un habitant de cette ville fictive.

Encadré par Noé Toulouse et Akram Lemouchia

Noé Toulouse est diplômé de l’Ensa Paris-Est, où il a suivi le master Fragments qui interroge l’architecture par son rapport à la métropole et au territoire. Il a exercé au sein d’agences d’architecture à Paris et à Athènes et travaille aujourd’hui pour l'agence Adélaïde. La réalisation de maquettes à de multiples échelles accompagne sa pratique depuis plusieurs années.

Akram Lemouchia est architecte diplômé de l'Ensa Paris-Est, où il a suivi le master Fragments. Son mémoire de fin d'études portait sur la représentation de l'espace public de l'entre-deux-guerres à travers l'hebdomadaire Vu. Il a exercé en agences d'architecture, d'urbanisme et de paysage, dont Altitude 35, et est lauréat d'Europan 18 pour le site de Dembéni, à Mayotte.


09. Bons baisers de Disneyland
par Anna Pelli et Adèle Courcelle

Dans les années 1950, Disney investit fortement dans l’incarnation de ses dessins animés cultes en parcs de loisirs. Disneyland Paris en est l’archétype et est devenu un emblème des lieux de loisirs de masse où celui-ci est transformé en produit marchand. Malgré certaines critiques contemporaines et l’incohérence de ces infrastructures au regard des enjeux environnementaux, de nombreux projets similaires continuent de voir le jour.
Le workshop produira une collection de cartes postales adressées au futur qui décortiqueront le mythe du « monde enchanté » de Disneyland et l’idéologie qu’il véhicule en creux. Cette archive collective interrogera ce que ces parcs disent de notre société et fera apparaître différents avenirs possibles.

Encadré par Anna Pelli et Adèle Courcelle

Au cours de leur diplôme d'architecte, Adèle Courcelle et Anna Pelli ont travaillé sur les liens entre la Seine et son territoire, en produisant à sept un récit à la fois graphique et écrit mêlant enquête, débat, controverses et projections explorant les attachements liants les habitants à leur bassin-versant.
Depuis, Anna continue à explorer la voie du paysage en travaillant à l'Atelier Roberta.

Adèle Courcelle exerce chez Damien Antoni architecte et enseigne la géométrie à l’ENSA Paris-Belleville. Elle a tenu une permanence architecturale à Basse-Pointe (Martinique) dans le cadre du DPEA Architecture Post-Carbone de l'Ensa Paris-Est en 2024.


10. A Festança de Roberto : Les funérailles rêvées
par Jean-Philippe Teyssier et Alexis Faucheux

En 1994, les funérailles de Roberto Burle Marx sont marquées par une grande solennité. Elles contrastent avec les fêtes qu’il organisait au Sítio, réunissant autour de repas, fleurs, musique et décors étudiants, artistes, architectes, jardiniers et amis. Le workshop propose de déplacer cette cérémonie en 2027. Il ne s’agit pas de reconstituer ses funérailles, mais d’imaginer une cérémonie festive à partir de son œuvre, de ses pratiques, de ses ambiguïtés et de sa personnalité.
Les étudiants documenteront ses activités de paysagiste, peintre et botaniste. Ils expérimenteront ses gestes et identifieront sons, végétaux, couleurs pour concevoir collectivement cette cérémonie.

Encadré par Jean-Philippe Teyssier et Alexis Faucheux

Jean-Philippe Teyssier est paysagiste, formé à l’ENSP Versailles et à l’Edinburgh College of Art. Sous-directeur des jardins du Louvre de 2021 à 2023, il développe une pratique entre paysage, écologie, patrimoine et transmission. Il enseigne à l’ENSP Versailles et à l'ENSA Paris-Belleville et est auteur-réalisateur de films documentaires pour Arte.

Alexis Faucheux est architecte-paysagiste depuis 20 ans et gérant de Zeppelin, coopérative de design territorial basée à Sablé-sur-Sarthe. Son travail valorise les ressources des territoires, notamment ruraux, et leurs patrimoines naturels et historiques. Paysagiste Conseil de l’État et enseignant à l’ENSP Versailles depuis 2013, il conçoit le paysage comme un levier d’habitabilité.


11. Glace, goût hiver
par Pierre Kraft et Alice Braastad

Glace, goût hiver propose de fabriquer une capsule temporelle paradoxale : une capsule de glace, conçue pour disparaître afin de libérer ce qu’elle contient. Pendant cinq jours, les étudiants construiront un dispositif expérimental de refroidissement radiatif inspiré des recherches de Félix Trombe, constitueront un atlas photographique de la mémoire hivernale et mettront en scène sa fonte. La capsule ne protégera pas son contenu de l’écoulement du temps : elle le révélera précisément en se détruisant.

Encadré par Pierre Kraft et Alice Braastad

Pierre Kraft est diplômé en 2022 de l’Ensa Paris-Est, mention Structure & Architecture. Il a travaillé dans plusieurs agences d’architecture, dont Bruther, Obvie Architecture et Atelier 43. Il a été enseignant assistant pour l’atelier de Victor Miot (S3, 2ème année). Il fonde PK-A en avril 2026. En 2024, il obtient l'HMONP et est lauréat du Festival des Cabanes des Sources du Lac d’Annecy.

Alice Braastad est formée à l’Ensa Paris-Est, elle travaille chez Obvie Architecture et Nicolas Dorval-Bory Architectes. Du dessin à la fabrication, sa pratique mêle image et expérimentation matérielle. « Fooling around » : jouer, essayer, explorer l’inattendu. Un stage de soufflage de verre à la Fondation Martell, auprès d’artistes en résidence, nourrit cette curiosité.


12. Loci Soli
par Samy Brillaud et Élodie Bitsindou

Le 19 mai 1978, Georges Perec enregistre pendant six heures, pour France Culture, sa tentative de description de choses vues depuis un lieu de l’hypercentre parisien. Loci Soli décentre ce regard et aborde l’héritage de l’après guerre par la pratique de l’espace pavillonnaire. Un protocole immersif de captation et de restitution sonore permet d’interroger, sans idée préconçue, la dimension réplicative de la modernité. La Capsule Sonore qui découle de ce façonnage collectif donne la voix à cet univers hétérotopique, générique et standardisé, souvent stéréotypé, et pourtant traversé d’affects puissants. Loci Soli est le son d'une mémoire hantée, qui s’adresse à une période de l’après, à l’heure du crépuscule des promesses de la modernité.

Encadré par Samy Brillaud et Élodie Bitsindou

Samy Brillaud est architecte et photographe. Il a grandi dans un quartier pavillonnaire près de Bordeaux. Il a connu sa première expérience de la ville et de l’architecture en jouant au foot contre la porte de garage de son voisin. Cet attrait pour le spontané et le détournement se retrouve dans son approche hybride, et son intérêt pour les champs du post-pavillonnaire.

Élodie Bitsindou est enseignante-chercheuse au laboratoire ESPI2R (Research in Real Estate). Docteure en histoire de l’architecture (Sorbonne Université, Centre André Chastel) et lauréate Fulbright en 2021, elle étudie l’influence américaine sur l’habitat pavillonnaire en France. Plus largement, ses recherches portent sur la démocratisation des formes architecturales dans la suburbia.


13. Anatomie d'une fuite - de l'appareil domestique au mécanisme partagé
par Matthieu Brasebin et Elisabeth Terrisse de Botton

Le confort domestique de l’après-guerre s’est construit autour de machines spécialisées qui ont progressivement transformé nos gestes, nos espaces et notre rapport au travail. Devenues familières, elles dissimulent pourtant les ressources, les flux et les infrastructures qui rendent leur fonctionnement possible. Le workshop propose d’ouvrir ces boîtes noires et de considérer chaque appareil comme une architecture : une enveloppe, des espaces, des réseaux, des échanges et des systèmes de régulation. Les étudiants en révéleront les principes, en isoleront les mécanismes et constitueront une archive commune avant de les recomposer dans de nouveaux dispositifs à l’échelle 1:1. Une manière d’interroger la promesse de la machine qui libère et d’imaginer d’autres relations entre confort, ressources, travail humain et domesticité.

Encadré par Matthieu Brasebin et Elisabeth Terrisse de Botton

Matthieu Brasebin a étudié à l’ENSA Paris-Malaquais, à l’Université de Montréal et à l’EPFL, dont il est diplômé. Elisabeth Terrisse de Botton a étudié à l’ETSAB à Barcelone, où elle est diplômée avec mention, ainsi qu’à l’ENSA Paris-Malaquais dans le cadre d’un échange. Elle est lauréate du prix Godescharles.
En 2023, ils cofondent Brasebin Terrisse, une pratique d’architecture basée à Bruxelles, dont le travail a depuis été présenté dans plusieurs biennales, expositions et festivals internationaux.


14. Son culte et méta-capsule
par Nathalie Vidal et Corsin Vogel

La réplication à l’identique d’objets manufacturés existe depuis des millénaires (outils, habitat, monnaies…). Mais l’enregistrement et la restitution des sons ne sont possibles que depuis 150 ans, avec une démocratisation après 1945 du microsillon 33 et 45 tours/min, du support magnétique, puis du son numérique.
Dans ce projet, la capsule temporelle est considérée d’abord dans son sens littéral d’ « encapsuler du temps », comme le son. Par ailleurs, la notion du « culte de la machine » est centrale dans une approche acoustique de notre environnement. Il s’agit donc d’explorer par le son les évolutions des machines et des instruments de l’après-guerre à nos jours ainsi que leur transmission et les artéfacts des divers supports, analogiques et numériques, qui ont égrené ce laps de temps.

Encadré par Nathalie Vidal et Corsin Vogel

Après des études de musicologie et une formation à la Fémis, Nathalie Vidal a collaboré à de nombreux longs-métrages de fiction et documentaire, aux postes de prise de son, montage son et mixage auprès de réalisateur et réalisatrices comme Agnès Varda, Claire Simon, Mariana Otero, Alain Guiraudie, Philippe Faucon, Claire Denis, Patricia Mazuy, Dominik Moll.
Récemment, elle a rejoint l’équipe enseignante du master son de l’ENS Louis-Lumière.

Corsin Vogel est artiste, professeur associé à l’ENS Louis-Lumière et au Conservatoire de Paris, et chercheur associé au laboratoire PRISM (Perception Représentations Image Son Musique), Université Aix-Marseille / CNRS. Dans son travail de création, il s’intéresse tout particulièrement à la notion de territoire et de patrimoine culturel, ainsi qu’à la plasticité et à la spatialité du son.


Commissariat
Marion Lacas et Jacques Ippoliti sont architectes et urbanistes diplômés de l’ENSA Paris-Malaquais et cofondateurs du bureau VIS-À-VIS.
Marion Lacas enseigne à l’ENSA Nantes en licence et en master dans le champ Ville et Territoire et Jacques Ippoliti à l’Ensa Paris-Est dans la filière Fragments.

Inscriptions
La Winter School est ouverte aux étudiants d'autres établissements français et internationaux. Les inscriptions ouvriront fin novembre.
[lien à venir]

Calendrier
Winter School du 1er au 5 février 2027
Restitution finale le 5 février à partir de 16h

Partenaires académiques
ENS Louis Lumière

Editions antérieures
Winter School 2026
Winter School 2025
Winter School 2024
les coulisses de la Winter School 2023

Photo
Winter School 2026
© Alexandre Ferreira