École d’architecture
de la ville & des territoires
Paris-Est

Iana Stoyanova

    Déconstruire pour reconstruire
     
    Les effets de la réutilisation des matériaux sur les pratiques architecturales

    Le secteur du BTP étant le plus gros producteur de déchets en France, le cadre réglementaire évolue pour favoriser la transition des activités de la construction vers des pratiques d’économie circulaire. La politique nationale et européenne pousse les maîtres d’ouvrage et les acteurs de la construction vers un regard sur les bâtiments existants comme des banques de ressources pour le développement de nouveaux produits et logiques constructives.

    Ce travail de recherche questionnera l’évolution des pratiques constructives et des valeurs architecturales face aux enjeux et complexités de la valorisation des matériaux issus de la déconstruction. Mené du point de vue de l'architecte, il explorera la réutilisation – le processus de création de nouveaux produits à partir de matière première de récupération –, et son potentiel d’apporter des solutions d’échelle pour la réduction des déchets de chantier.

    Menée au sein de Suez, cette thèse explorera l’hypothèse d’une collaboration étroite entre le monde de l’architecture, de l’industrie et du traitement des déchets comme solution pour la généralisation et l’intégration de la réutilisation dans le processus du projet de construction.

    Acteur historique de la gestion et valorisation des déchets, Suez trouve une nouvelle place dans le monde du bâtiment, en développant des compétences et des méthodes de travail pour la caractérisation des matériaux d’un bâtiment en rénovation ou déconstruction. L’outil digital batiRIM® permet la gestion et le partage de ces données, et la mise en place de stratégies pour le réemploi, réutilisation et recyclage.

    La démarche de Suez représente un terrain pour tester l’hypothèse à travers une recherche appliquée sur des projets concrets, une observation participante et de recherche prospective. Il s’agit tout d’abord de questionner la dimension technique de la réutilisation : les méthodes de diagnostic et de conception qui s’adaptent aux singularités de chaque projet, et le processus de transformation qui répond aux variations de la matière première de récupération par des solutions standardisées et reproductibles.

    Il est question ensuite d’interroger la dimension organisationnelle de la réutilisation : les relations de l'architecte avec les autres acteurs, les nouvelles phases du projet, et le rôle de l’outil numérique dans la gestion et le partage de l’information, comme moyen de créer un vocabulaire commun et une communication fluide.

    Enfin, ces lignes de réflexion alimenteront une réflexion sur la dimension culturelle de la réutilisation dans la perspective du long terme. Dans une vision de l’avenir comme un champs d'action ouvert à plusieurs futurs possibles, il s’agit de prévoir l'évolution des pratiques constructives et valeurs architecturales dans la projection d'un futur souhaitable qui intègre de façon pérenne et généralisée le réemploi et la réutilisation des matériaux.

    Iana Stoyanova

    Thèse de doctorat en architecture préparée sous la direction de Paul Landauer depuis 2019.

    Financement : convention industrielle de formation par la recherche (Cifre) avec Suez RV (2019-2022).

    Image : Cité des Indes, déconstruction d'immeubles dans le cadre d'un projet de rénovation urbaine.

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