École d’architecture
de la ville & des territoires
Paris-Est

Federico Diodato

    Le sol productif
     
    L’aménagement des sites d’activités dans le territoire périurbain

    La périurbanisation du territoire français a été largement influencée par la délocalisation des entreprises en recherche de foncier de faible valeur leur permettant de répondre à leurs besoins en surfaces et d’être bien connectées à la ville par des accès routiers rapides. L’implantation de ces entreprises de différents secteurs (industriel, logistique, commercial et de services) a constitué de nouvelles polarités dans le territoire périurbain, qui ont fait émerger un mode d’organisation antinomique avec les fondements de la ville (David Mangin, 2004), déterminé par sa fragmentation et sa discontinuité spatiale.

    Pour favoriser le développement économique et aménager de manière rationnelle le territoire, l’outil d’aménagement de Zone d’Activités Économiques (ZAE) a été développé et s’est généralisé à partir des années 1960. La localisation, l’usage du sol et les règles d’implantation des ZAE ont été définis par le Plan d’Occupation des Sols (POS)et depuis la loi Alur par le Plan Local d’Urbanisme (PLU). Le PLU, sectorisant à l’échelle communale le territoire en zones fonctionnelles, a du mal à déterminer une règlementation qui allie le développement de zones résidentielles, des activités économiques et la préservation des terrains agricoles. Les ZAE résultantes sont donc décontextualisées et les entreprises se retrouvent dans des sites qui forment des enclaves monofonctionnelles. Nous utilisons le terme « zone d’activités » précisément lorsque les activités en question n’ont pas de lien réel avec le territoire, si ce n’est qu’elles sont parquées ou confinées dans la géographie du réseau d’échanges.

    Je fais l’hypothèse d’étudier les sites d’activités à travers la relation qu’ils instaurent avec leur sol, qui, élément d’articulation et de qualification (Bernardo Secchi, 1986), organise les relations économiques et sociales structurant le territoire périurbain. Je propose d’introduire le concept de « sol productif » en tant qu’horizon de référence pour le développement futur de la recherche.
    Le sol productif peut faire référence simultanément au :
    Sol qui produit ;
    Sol en tant que socle de la production ;
    Sol en tant que ressource pour la production.

    C’est le rapport du sol en tant que socle de la production à la lumière de la productivité du sol qui est questionné. Une grande part de la production des sites d’activités a à voir avec ce sol, mais comment les entreprises peuvent-elles cultiver un rapport plus intime avec ce sol qu’elles ne font aujourd’hui qu’occuper ? Pour répondre à cette question j’analyserai et comparerai des sites d’activités au sein de la ville nouvelle de Melun-Sénart et dans la ville métropolitaine.de Bologne, en Émilie-Romagne, à travers leur variété dimensionnelle et la superficie utilisée (affectation des sols), leur variété programmatique (usage des sols) et la relation qu’ils instaurent avec le territoire (ancrage territorial).

    Federico Diodato

    Thèse de doctorat en architecture en co-tutelle avec l'Università Bologna, préparée sous la direction de Sébastien Marot, Giovanni Leoni et Éric Alonzo depuis 2019.

    Financement : bourse de la région Emilia Romagna dans le cadre du projet de recherche « Alte competenze per la città contemporanea intelligente e sostenibile ».

    Image : Guido Guidi, Secante, Cesena, 28 Aprile 1992.

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