École d’architecture
de la ville & des territoires
Paris-Est

Une écologie décoloniale.

Penser l'écologie depuis le monde caribéen.

mardi 19 novembre 2019

Cycle de conférences
Amphithéâtre

Conférence de Malcom Ferdinand, ingénieur en environnement de l'University College London, docteur en philosophie politique de l’Université Paris Diderot et chercheur au CNRS (IRISSO / Université Paris-Dauphine).

Ses travaux se situent à la croisée de la philosophie politique, des pensées post-coloniales / décoloniales et de l'écologie politique avec une attention particulière sur l'espace caribéen. Il vient de publier aux Éditions du Seuil, le livre "Une écologie décoloniale. Penser l'écologie depuis le monde caribéen".

Derrière sa prétention d’universalité, la pensée environnementale s’est construite sur l’occultation des fondations coloniales, patriarcales et esclavagistes de la modernité. Face à la tempête, l’environnementalisme propose une arche de Noé qui cache dans son antre les inégalités sociales, les discriminations de genre, les racismes et les situations (post)coloniales, et abandonne à quai les demandes de justice.

Penser l’écologie depuis le monde caribéen confronte cette absence à partir d’une région où impérialismes, esclavagismes et destructions de paysages nouèrent violemment les destins des Européens, Amérindiens et Africains. Le navire négrier rappelle que certains sont enchaînés à la cale et parfois jetés par-dessus bord à la seule idée de la tempête. Tel est l’impensé de la double fracture moderne qui sépare les questions coloniales des destructions environnementales. Or, panser cette fracture demeure la clé d’un « habiter ensemble » qui préserve les écosystèmes tout autant que les dignités. Telle est l’ambition d’une « écologie décoloniale » qui relie les enjeux écologiques à la quête d’un monde au sortir de l’esclavage et de la colonisation.

Cette conférence s'inscrit dans le cadre du cycle des Leçons du Mardi intitulé "La fin d’un monde", coordonné par Jean-François Blassel et l'équipe pédagogique de la formation PoCa post-carbone.

Modification des grands cycles biogéochimiques de la planète et crise climatique, augmentation exponentielle de la consommation des ressources terrestres de toutes natures, pollution globalisée et persistante, fragmentation, réduction et destruction des habitats naturels : nos actions sur la nature sont systémiques, globales et irréversibles.

L’entrée dans l’Anthropocène des êtres humains, devenus véritable force géologique, nous impose des responsabilités nouvelles vis-à-vis de la nature et des générations futures.

Il s’agit d’apprendre à habiter autrement la Terre.

La série de conférences « La fin d’un monde », propose d’explorer prospectivement et rétrospectivement les contours de cette transformation radicale. "Nous avons choisi d'aborder la question de l'effondrement et d'interroger les territoires, paysages, architectures qui lui sont associés d'une façon ou d'une autre. Plusieurs disciplines sont mobilisées (histoire, écologie, anthropologie, philosophie politique) pour questionner les territoires et la spatialité de la catastrophe environnementale et du changement climatique et ouvrir des perspectives à la partir de l'écologie politique."

Entrée libre sous réserve des places disponibles.

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