École d’architecture
de la ville & des territoires
Paris-Est

"La réparation"

mercredi 23 octobre 2019
à 14:00
Soutenance d'HDR
École d'architecture de la ville & des territoires (amphi 130)

Paul Landauer, enseignant-chercheur, responsable de la filière de master Transformation et directeur de l'OCS, équipe de recherche de l'Éav&t, soutiendra son habilitation à diriger les recherches (HDR) le mercredi 23 octobre 2019 à 14 h à l'École d’architecture de la ville & des territoires Paris Est (amphithéâtre 130).

Le titre des deux premiers volumes (rapport de synthèse et recherche inédite) est « La réparation ».

Le jury est composé de :

Pierre Caye, Directeur de recherche, Centre Jean Pépin CNRS/ENS (UMR 8230) (rapporteur).
Carola Hein, Professor and head of the history of architecture and urban planning, Delft University of Technology, Pays-Bas (rapporteur).
Sébastien Marot, HDR, Professeur, École d’architecture, de la ville et des territoires Paris Est, OCS-AUSser (UMR 3329).
Antoine Picon, Directeur de recherche, École des Ponts ParisTech, LATTS (UMR 8134) et professeur à Harvard University (garant de l'habilitation).
Dominique Rouillard, HDR, Professeure, École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais, directrice du LIAT.
Alain Schnapp, HDR, Professeur émérite, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (rapporteur).
André Tavares, Research Fellow, Escola de Arquitetura, Universidade do Minho, Lab2PT, Guimarães, Portugal.
Danièle Voldman, Directrice de recherche émérite, CNRS-CHS, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

La réparation
Ancré dans le champ de l’histoire et des cultures de l’architecture, cette habilitation à diriger des recherches (HDR) rend compte, dans un premier volume, d’un parcours personnel qui croise recherche, pratique et pédagogie. Une suite de textes qui n’a rien de chronologique invite le lecteur à partager quelques idées et quelques observations. L’introspection s’y mêle au récit, l’aveu s’y rapproche du témoignage, le sentiment y concurrence l’histoire. Il n’y a pas de plan, juste l’indication des années auxquelles se rapportent les évènements qui sous-tendent ces pensées. Il en émane un faisceau de questions qui porte sur le standard – quels rapports l’architecture entretient-elle avec la norme et l’ordinaire ? – l’engagement – qu’est-ce qui distingue la parole de l’architecte de celle du chercheur ? – et la mort – quel rapport entretient l’architecture avec la perte et l’oubli ? –.
Ce premier volume est suivi d’un essai qui pose les bases du travail de recherche que je souhaite mener dans les années qui viennent. Ce travail prend appui sur deux hypothèses. La première, historique, est que les architectes de la modernité industrielle n’ont pas seulement revendiqué la tabula rasa pour faire de la place au neuf : ils ont, de manière concrète, intégré les motifs et les techniques de la démolition à leurs projets. Cette puissance (de feu) et cet imaginaire (guerrier) commencèrent à perdre de leur efficacité au cours des années 1980, lorsque la désindustrialisation provoqua l’abandon d’un nombre de plus en plus significatif de bâtiments et de territoires issus de cette même modernité. A la question « comment faire du vide ? » se substitua la question : « que faire du vide ? ».
La seconde hypothèse est prospective : le futur de l’architecture sera déterminé par l’usage, l’imaginaire et les modalités de transformation des restes bâtis de la modernité jetable. La transition écologique imposera le recyclage des bâtiments et des sites existants et mettra à l’agenda son corollaire, à savoir le déploiement d’une architecture du stock, en rupture avec les installations éthérées du flux que l’on continue de construire et d’abandonner. L’intérêt grandissant d’artistes – mais aussi de touristes – pour les rebuts du siècle passé, incitera ensuite les architectes à réactiver l’imaginaire de la ruine, lequel cristallise, depuis le XVIe siècle, la perte et une méditation sur le temps. Enfin, l’étendue des délaissés surpassera les besoins en construction, amenant les architectes à renoncer à pratiquer un art de la rédemption au profit de ce que je propose d’appeler un art de la réparation.
Ce dernier thème de la réparation donne son titre aux deux premiers volumes. Le premier a pour sous-titre « Un architecte face à l’oubli », le second, « L’architecture face aux nouvelles ruines ». Un troisième volume présente la liste complète de mes travaux de recherche et rassemble quinze textes témoignant des étapes d’un parcours de recherche qui a commencé durant mes études d’architecture.

The repair
Grounded in the field of architectural and cultural studies, this thesis for an “accreditation to supervise research” (HDR) begins with the account of a personal itinerary combining research, practice and teaching. A series of non-chronological texts invites the reader to share ideas and observations in which introspection meets narration, confession approaches perception and feeling competes with history. The text is not structured by a preconceived order, but relies on indications of the years that correspond to events underlying each idea and observation. It reveals a number of questions concerned with notions of the standard (how architecture relates to norms and ordinariness), of political commitment (what distinguishes the discourse of the architect from the discourse of the researcher), and of death (how architecture deals with loss and oblivion).
This first volume is followed by an essay laying the foundations for research I would like to develop in the upcoming years. This research is based on two hypotheses. The first is historical: architects of industrial modernity did not simply advocate for a tabula rasa to make room for the new; their projects integrated, in a concrete way, the reasons and the technics of demolition. The associated (fire) power and (war) imagery began to lose their pertinence during the 1980’s, when deindustrialization led to the abandonment of an increasing number of buildings and territories resulting from this very attitude. The question « how do we create the void? » gave rise to the question : « what do we do with the void? ».
The second hypothesis is prospective: the future of architecture will be determined by reasons, imaginations and modalities for re-using modernity’s remains. Our ecological transition will lead naturally to the recycling of existing buildings and sites, and will establish a corollary: the development of an architecture of stock, as opposed to the ethereal installations of flow that we continue to build and abandon. The growing interest of artists – and tourists – for abandoned heritage sites of the past century will encourage architects to enhance the imagination of ruins embodying, since the 16th century, our meditations on loss and the passage of time. Finally, the extent of abandoned territories will surpass all construction needs, leading architects to renounce their practice of an art of redemption, in favor of what I call an art of repair.
This theme of repair gives its name to two volumes. The first is subtitled “An Architect Facing Oblivion”, and the second, “Architecture Facing The New Ruins”. The third volume contains a complete list of my research works and brings together fifteen texts from the development of an intellectual itinerary reaching from the present back to the time of my architectural studies.

Texte en italique

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