Post-master
Architecture des limites planétaires
Pratique et recherche architecturales face aux bouleversements écologiques
Le post-master Architecture des limites planétaires (ALP) est une formation intensive d’un an dédiée à l’approfondissement des savoirs et des compétences nécessaires à la conception d’une architecture respectueuse des limites planétaires. Ces dernières représentent les contraintes qui s’imposent au développement de nos sociétés, mais elles définissent également un cadre de pensée et d’action qui ouvre un vaste champ d’exploration pour la pratique et la recherche architecturales.
Le post-master vise à accompagner des architectes et ingénieurs diplômés dans cette exploration à travers un programme interdisciplinaire qui croise sciences de l’ingénieur, sciences du vivant et de la Terre, humanités environnementales, histoire et théorie de l’architecture. Il s’appuie pour cela sur un partenariat historique avec l’École nationale des ponts et chaussées (ENPC) et sur des échanges entretenus avec des institutions reconnues, comme l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et la chaire Sustainable Construction de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETHZ). Il offre ainsi des conditions uniques pour développer une culture scientifique, un savoir technique et une pensée critique nécessaires à l’intégration des considérations écologiques dans la conception et la recherche architecturales.
Lancé en 2013 par Jean-François Blassel sous la forme d’un DPEA Architecture post-carbone, ce programme bénéficie de plus d’une décennie d’expérience qui lui confère une reconnaissance internationale. Il prépare à une pratique réflexive et engagée au sein d’agences d’architecture, de bureaux d’études, d’institutions publiques, de collectivités territoriales et d’associations. Ancré dans la recherche universitaire, il constitue également une formation idéale pour mûrir un projet de thèse doctorale portant sur les enjeux environnementaux dans l’architecture.
Organisation
Après un mois de septembre consacré à la construction d’un socle commun de connaissances fondamentales, la formation s’organise sur deux semestres d’enseignement (d’octobre à janvier, puis de mars à mai, soit 900 heures encadrées) suivis d’une période de mise en situation professionnelle de quatre mois (de juin à septembre).
Le mois de septembre
Le mois de septembre s’organise autour d’une conférence de rentrée, de visites d’infrastructures énergétiques, d’un voyage d’études et de deux workshops :
Construire en terre (ENPC)
Coordonnée par Xavier Chateau et Emmanuel Keita, cette semaine de workshop offre, à travers une série de conférences et un exercice de mise en pratique, une introduction aux enjeux, méthodes et outils relatifs à la conception et à la mise en œuvre d’une construction en terre. Menés en collaboration avec les étudiantes et étudiants de la filière Génie civil et construction (GCC) de l’ENPC, ces travaux permettant d’explorer différentes techniques constructives avant de réaliser une structure à l’échelle 1.
Le climat de l'architecture
Coordonné par Florencia Collo, en collaboration avec ses associés d’Atmos Lab (Rafael Alonso Candau et Olivier Dambron), ce workshop se déroule sur deux semaines. Par groupe, les étudiantes et étudiants mènent une enquête approfondie sur le système énergétique d’un bâtiment et la variation de ses climats au fil des saisons. Ils prennent en main les méthodes et outils nécessaires à l’analyse et à la conception bioclimatiques (Ladybug Tools) et expérimentent différentes formes de représentation pour rendre compte des flux d’énergie et du comportement hygrothermique d’une architecture, selon les situations météorologiques et les pratiques sociales.
Durant ce mois de septembre, plusieurs demi-journées d’initiation aux outils numériques sont également organisées. Elles concernent en particulier le système d’information géographique (SIG) et les outils d’analyse climatique et de modélisation énergétique via Grasshopper et la collection d’outils Ladybug.
Les enseignements hebdomadaires
Au fil des deux semestres, une équipe pédagogique plurielle constituée de praticiens et de chercheurs reconnus vient partager chaque semaine ses savoirs et engager les discussions autour de cinq principaux thèmes d’enseignement :
Thermodynamique de l’architecture
Coordonné par Jean Souviron, architecte, ingénieur et docteur en architecture, avec la participation d’Emmanuel Keita (ENPC), Salmaan Craig (UCLA), Kiel Moe, Emanuel Bertrand (ESPCI).
Cet enseignement vise à approfondir tout au long du premier semestre les connaissances fondamentales nécessaires à la bonne compréhension des lois et des principes relatifs aux transferts thermiques, à la thermodynamique et à la transformation des énergies. Il articule différentes échelles d’analyse, du comportement des matériaux de construction à celui des édifices et des structures socio-économiques dans lesquelles ils s’insèrent. Il adopte une approche de cycle de vie permettant d’étudier les formes d’énergie et les modalités de leur exploitation dans les principales filières industrielles qui alimentent le secteur de la construction. Une série d’interventions de chercheurs et praticiens français et internationaux ponctue cet enseignement, ouvrant ainsi une large perspective sur les opportunités offertes par la bonne compréhension de la thermodynamique des édifices dans la pratique et la recherche architecturale.
Filières de production et écologie territoriale
Coordonné par Camille de Gaulmyn, architecte, ingénieure et fondatrice de l’agence degré·, avec la participation de Claire Vernhes (Ensa Paris-Est, MEAT).
Cet enseignement du premier semestre vise à approfondir les savoirs et compétences nécessaires à l’analyse de l’empreinte environnementale de l’architecture. Pour ce faire, il adopte une approche transversale, analytique et quantitative pour étudier le métabolisme des édifices à l’échelle urbaine, territoriale et globale. Il donne ainsi à comprendre dans leurs complexités les enjeux écologiques relatifs à l’industrie de la construction et ses filières pour ouvrir une perspective critique sur la structure des interactions entre l’architecture, les territoires, leur système de gouvernance et la biosphère. Il vise ainsi à replacer l’architecture dans une écologie territoriale définie par un réseau d’acteurs mobilisant des flux de matières et d’énergie. Cet enseignement s’appuie pour cela sur l’analyse de la trajectoire des principaux matériaux de construction, depuis leur territoire d’extraction vers ceux d’accumulation. Il accompagne également à la prise en main des outils et méthodes utilisées pour appréhender et quantifier les flux de matières et d’énergie, en complément du cours Analyse de cycle de vie suivi au sein de l’ENPC.
Réparation : savoirs et pratiques
Coordonné par Pierre Dufour, architecte en chef des monuments historiques et fondateur de l’agence Antoine Dufour architectes, avec la participation de Bérénice Gaussuin (Ensa Paris-Malaquais, membre de la Commission du Vieux Paris) et Éric David (Amas architecture, Ensa Clermont-Ferrand).
Cet enseignement propose sur deux semestres un approfondissement des connaissances nécessaires à l’intervention sur des édifices existants. Il se concentre en particulier sur les enjeux climatiques et hygrothermiques à travers une série de cours théoriques, de visites et d’exercices de mise en pratique. Les étudiantes et étudiants développent ainsi des compétences utiles au diagnostic du bâti existant et à l’usage d’appareils de mesure des performances énergétiques des éléments architecturaux. Ils approfondissent leurs connaissances relatives aux techniques de réparation, de rénovation et de transformation, et ce en tenant compte de la durabilité des solutions envisagées, de leur performance énergétique et de leur impact sur le confort thermique. Des interventions d’architectes praticiens, d’ingénieurs et d’artisans enrichissent le programme en offrant des occasions d’échange autour d’études de cas emblématiques des défis contemporains propres à l’intervention sur des structures existantes.
L’architecture et ses écosystèmes
Coordonné par Brian Padilla, écologue au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et membre de l’Autorité environnementale d’Île-de-France.
Ce cours propose d’acquérir, au fil du second semestre, les connaissances essentielles pour comprendre comment les écosystèmes fonctionnent, comment ils se dégradent sous l’effet de l’urbanisation et de la construction, et quels outils conceptuels, réglementaires et pratiques permettent d’en limiter l’impact. Il aborde d’abord les notions fondamentales relatives à la biodiversité et les dynamiques écologiques affectées par l’artificialisation, la fragmentation et les nuisances liées au bâti. Il analyse ensuite les relations entre architecture et milieux vivants, les dispositifs présentés comme favorables à la biodiversité, ainsi que leurs limites. Le cours se poursuit par une introduction au cadre législatif européen et français, aux méthodes d’évaluation environnementale et au maniement des données naturalistes. Il s’achève par une réflexion sur les nouveaux paradigmes susceptibles de transformer les pratiques de construction en vue d’une meilleure prise en compte des milieux vivants.
Écologie, économie et politique
Coordonné par Jean Souviron, avec la participation de Maylis Desrousseaux (Ecole d'urbanisme de Paris), Julia Steinberger (EPFL), François-Mathieu Poupeau (ENPC), Antonin Pottier (EHESS), Bruno Villalba (AgroParisTech), Valérie Guillard (Université Paris Dauphine-PSL) et Léo Magnin (CNRS, LISIS).
Cet enseignement du second semestre prend la forme d’un séminaire hebdomadaire. Il explore les dynamiques complexes qui, entre économie et politique, façonnent les réponses sociétales apportées aux enjeux environnementaux contemporains. En examinant les interactions entre acteurs, institutions et cadres idéologiques, le cours vise à éclairer les conditions socio-politiques et économiques qui sous-tendent les choix collectifs et individuels face aux bouleversements écologiques en cours et à venir. Les séances, structurées sous forme de masterclasses, réunissent des chercheurs issus de disciplines variées telles que les sciences politiques, l’économie écologique, l’écologie politique, l’anthropologie et l’histoire environnementale. Cette diversité d’approches permet de croiser les perspectives et de nourrir les débats. Encourageant une réflexion critique et collaborative, cet enseignement ambitionne d’apporter aux étudiantes et étudiants des outils analytiques pour appréhender la dimension économique et politique des enjeux environnementaux et leurs conséquences sur la pratique architecturale.
Le partenariat historique engagé avec l’ENPC permet aux élèves de suivre deux enseignements complémentaires :
Analyse du cycle de vie
Coordonné par Adélaide Feraille (ENPC).
Dans le cadre de cet enseignement hebdomadaire dispensé au premier semestre, les élèves rejoignent ceux de la filière Génie civil et construction (GCC) pour développer des compétences relatives à l’analyse du cycle de vie (ACV) des matériaux, des édifices et des infrastructures. L’usage de cette méthodologie permet d’évaluer l’impact écologique de différents scénarios de projet selon une approche multicritère et comparative utile à la prise de décision. Son usage est de plus en plus fréquent dans le secteur de la construction, en lien avec l’évolution des exigences réglementaires (RE2020) et l’intérêt grandissant des donneurs d’ordre et de la société civile pour les enjeux environnementaux. Ce module apporte donc des éléments nécessaires à la maîtrise des principes fondamentaux relatifs aux méthodes et calculs de l’ACV afin de pouvoir, sous la direction d’un chef de projet expérimenté, mener une étude et analyser celles existantes.
Métabolisme territorial et urbain
Coordonné par Emmanuel Adler (ENPC, Leesu) et Barbara Redlingshöfer (Inrae), avec la participation de Nelo Magalhaes (CNRS), Mathieu Maguet (Crieg) et Fabien Escullier (ENPC, Leesu).
Chaque lundi du second semestre, à l’ENPC, les élèves rejoignent ceux du département Ville, environnement, transport (VET) et ceux du mastère Aménagement et maîtrise d’ouvrage urbaine (Amur) pour suivre ce module consacré à l’analyse du métabolisme de nos sociétés. Il a pour objectifs de permettre aux élèves de comprendre les flux qu’engendrent le développement et le fonctionnement des villes et territoires, les modalités de gestion de ces flux (cadres réglementaires, normatifs, moyens techniques), et les leviers sur lesquels agir (techniques, acteurs…). Le programme aborde les enjeux relatifs au métabolisme alimentaire et à l’agriculture, à la gestion des déchets ménagers organiques et des eaux usées, et aux flux de matériaux de construction.
Enfin, au premier semestre, les étudiantes et étudiants ont le choix entre deux enseignements portant sur l’histoire et les humanités environnementales :
Architecture et environnement au XXe siècle
Coordonné par Paul Bouet (Ensa Paris-Est), avec la participation de Jean Souviron (Ensa Paris-Est)
Ce cours propose une relecture de l’histoire de l’architecture des 150 dernières années au prisme des questions environnementales. Il examine les relations que l’architecture a entretenues avec l’énergie, le climat, les matériaux, le vivant, et interroge l’actualité de ces expériences. L’objectif est de fournir aux étudiants une culture nécessaire pour appréhender les enjeux environnementaux contemporains. En partant de notions fréquemment mobilisées dans les débats actuels, on fait émerger des projets, figures et théories qui ont exploré des enjeux environnementaux au cours du siècle et demi écoulé. Ces expériences sont étudiées dans leur contexte historique, en lien avec les résistances qu’elles ont rencontrées, et elles sont mises en relation avec des pratiques récentes. Le cours s’intéresse aux recherches pour utiliser l’énergie solaire comme moyen de chauffage, aux dispositifs développés pour favoriser la fraîcheur dans des climats tropicaux et arides, aux déclinaisons de l’approche bioclimatique, à la généalogie des matériaux comme la pierre, la terre et les fibres végétales, à l’histoire des pratiques de réemploi, aux notions de régionalisme et de métabolisme, ou encore aux liens entre microorganismes, plantes et bâtiments. La perspective adoptée est résolument transdisciplinaire et planétaire.
Introduction aux humanités environnementales
Coordonné par Wolf Feuerhahn (CNRS, EHESS), Élise Demeulenaere (CNRS, EHESS) et Luc Semal (MNHN), avec la participation de Xavier Arnauld de Sartre (CNRS), Catherine Larrère (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Valérie Boisvert (Université de Lausanne), Anne-Claude Ambroise-Rendu (Université de Limoges), Anna Trespeuch-Berthelot (Université de Caen Normandie), et Francis Chateauraynaud (CNRS, EHESS).
Chaque mercredi, les étudiantes et étudiants rejoignent ceux de l’EHESS dans l’auditorium du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Cet enseignement vise à fournir une introduction générale aux travaux des sciences humaines et sociales sur l’environnement, en offrant un panorama des questions posées par la recherche sur les rapports entre « nature » et société. Pour cela, le module comporte une séance sur les principales catégories utilisées par les sciences humaines et sociales pour désigner l’objet dont on parle (environnement, nature, milieu…). Les autres séances sont consacrées à différentes approches disciplinaires de l’environnement : histoire, anthropologie, sciences politiques, géographie, philosophie, économie, sociologie. Chacune de ces disciplines a vu se développer, le plus souvent à sa marge, un champ de recherche spécialisé dans l’étude des interfaces des sociétés à leur milieu. Ce découpage disciplinaire se justifie par le fait que l’unification de ces champs au sein de ce qui émerge sous le nom d’ « humanités environnementales » est loin d’être aboutie. L’objectif de ce module étant de fournir aux étudiants une culture générale sur les humanités environnementales (histoire intellectuelle, auteurs majeurs, controverses savantes), nous accompagnons ce cours de listes bibliographiques et incitons les étudiants à lire un certain nombre de textes.
Les études
En parallèle, les étudiantes et étudiants mènent en groupe un projet issu de commandes réelles émanant d’institutions publiques, d’organismes de recherche ou d’établissements privés. Ces études relèvent de situations concrètes dont l’analyse met en perspective les enseignements dispensés dans le reste de la formation. Elles articulent recherche et conception autour de projets de transformation, de rénovation et de réparation. Deux thématiques principales structurent ces études :
- l’architecture régénérative, à travers laquelle sont explorées les formes architecturales dont les matériaux de construction contribuent à tisser de nouveaux liens entre nos formes bâties et des pratiques agricoles et sylvicoles durables ;
- l’architecture des bifurcations énergétiques, consacrée aux impacts du dérèglement climatique et des politiques de décarbonation sur les édifices, les infrastructures énergétiques et les modes d’habiter.
Les visites régulières sur les terrains concernés permettent de mener une enquête approfondie sur laquelle se fonde ensuite une proposition de réponse aux enjeux soulevés par les acteurs locaux et les institutions impliqués. Le livrable final prend la forme d’un rapport, de maquettes et d’une présentation orale.
Les études sont encadrées par Pierre Dufour (Antoine Dufour Architectes), Jean Souviron (Ensa Paris-Est) et Claire Vernhes (Ensa Paris-Est, MEAT), avec la participation de Camille de Gaulmin (degré·), Laureline Guilpain (Ville ouverte), Yohann Hubert (BC architects), Romain Mège (Patrimoine & Structure) et Emmanuelle Raoul-Duval (ROOM Architecture).
Le séminaire de recherche
Chaque mardi, le séminaire de recherche accueille des chercheuses et chercheurs venant présenter leurs travaux et ouvre un espace de discussion autour de lectures communes. Il a pour objectif de familiariser les étudiantes et étudiants aux différentes approches de la recherche en architecture et aménagement intéressée par les questions d’environnement, d’acquérir des références essentielles dans ce domaine de recherche et de pratiquer la discussion des travaux scientifiques pour développer la réflexivité et mettre à l’épreuve la production des savoirs.
Les élèves y mènent un travail d’enquête inédit restitué sous la forme d’un article scientifique. Celles et ceux désireux de s’engager dans une thèse de doctorat bénéficient d’un encadrement spécifique tout au long de l’année leur permettant de préciser un sujet de recherche, d’identifier des pistes de financement et de nouer les contacts nécessaires auprès des laboratoires et institutions susceptibles d’accueillir leur projet. Les liens étroits entretenus entre le post-master et, notamment, les laboratoires de recherche de l’Ensa Paris-Est (OCS), de l’ENPC (Navier), l’Université Gustave Eiffel (Latts), l’ETH de Zurich et l’Université Libre de Bruxelles (ULB) offrent aux futurs doctorants un accès privilégié à un réseau de chercheuses et de chercheurs engagés dans la recherche environnementale.
Coordonné par Paul Bouet et Jean Souviron, ce séminaire a accueilli en 2025-2026 Andre Tavares, Sabine Barles et Rocio Calzado.
Les semaines thématiques
Enfin, cinq semaines thématiques rythment l’année. Elles sont l’occasion de rassembler les communautés de l’Ensa Paris-Est ainsi qu’un public extérieur autour d’un panel d’invités français et internationaux réunis pour approfondir cinq thèmes centraux pour la formation :
Représenter l’architecture et ses écosystèmes
Coordonnée par Claire Vernhes (Ensa Paris-Est, MEAT), cette semaine thématique vise à explorer des modes de représentation qui rendent compte des entrelacs complexes de matières, d’énergie et d’espèces qui caractérisent les écosystèmes et leurs dynamiques, au fil des saisons, dans des contextes anthropisés. Elle vise à interroger à la fois l’héritage visuel de l’architecture et l’émergence de nouvelles approches de représentation, envisagées sous des angles écosystémique, climatique, thermique et (im)matériel. L’enjeu est double : d’une part, faire état d’une connaissance utile à la conception et d’autre part, ouvrir sur de nouvelles formes de représentations émergentes à l’aune des enjeux socio-environnementaux. Si, comme le rappelle André Corboz, « l’apparence des territoires dépend avant tout des instruments qu’on utilise pour les décrire » alors représenter un territoire ou une architecture revient aussi à orienter un regard, parfois à transformer une perception et, ce faisant, à ouvrir de nouvelles voies de conception. Dès lors : comment renouveler les modes de représentation architecturale pour qu’ils puissent à la fois intégrer les enjeux écosystémiques et matériels, soutenir la conception et la transmission, et rendre visibles des dimensions souvent invisibles du projet, sans figer le processus de conception ? C’est au travers d’une série d’enjeux thématiques que la semaine sera rythmée : dessiner le visible et l’invisible (sol, climat, énergie, matière) au service du projet ; comprendre les cycles du vivant et du non-vivant pour les faire cohabiter ; cartographier les ressources pour les révéler ; construire un récit pour projeter.
Matériaux régénératifs
Coordonnée par BC architects, materials & studies (Bruxelles), avec Guillaume Habert (ETH Zurich) et Alia Bengana (EPFL, HEIA), cette semaine s’organise autour de masterclasses organisées à l’Ensa Paris-Est et d’un workshop de quatre jours se déroulant à Bruxelles. Elle offre aux étudiantes et étudiants la possibilité d’approfondir leurs connaissances des matériaux biosourcés et géosourcés à travers une série d’ateliers, de visites et de débats portant sur les enjeux écologiques relatifs à la transformation des régimes matériels de l’architecture.
Agriculture, sylviculture et architecture
Durant cette semaine thématique coordonnée par Camille de Gaulmyn (degré·), les étudiantes et étudiants approfondissent leur compréhension des enjeux sociétaux relatifs à l’usage des matériaux biosourcés. À travers une série de visites de terrains exploités pour la mise en culture de matériaux de construction, ils questionnent les formes d’interaction entre l’architecture et les filières agricoles et sylvicoles. Il s’agit ici de comprendre comment ces formes d’exploitation impactent les écosystèmes et les communautés impliquées dans le développement de ces matériaux et de définir les conditions selon lesquelles un tel régime matériel peut être considéré comme durable.
Biodiversité et infrastructures humaines
Coordonnée par Brian Padilla (MNHN), cette semaine thématique propose une immersion dans les relations entre biodiversité et infrastructures humaines, en articulant apports scientifiques, pratiques de terrain et réflexion critique sur le rôle de l’architecture. Elle commence par une introduction aux fondements de la biodiversité, à ses fonctions et aux causes de son effondrement, suivie d’un arpentage du rapport IPBES pour discuter des points de friction entre milieux vivants et pratiques de construction. La seconde journée initie les étudiant·es aux savoirs naturalistes, à leur histoire et à leurs biais, puis à la découverte de la biodiversité urbaine à travers des ateliers de terrain. La troisième journée explore les incidences du bâti — collisions, fragmentation, perturbations lumineuses ou sonores — tout en examinant les opportunités offertes par les bâtiments comme habitats. La quatrième journée présente les outils et cadres de l’action publique : évaluation environnementale, diagnostic écologique, séquence éviter–réduire–compenser et débats sur la possibilité d’une vraie neutralité écologique. La semaine s’achève par un travail d’analyse en sous-groupes portant sur quatre problématiques liant architecture et biodiversité, donnant lieu à des exposés et à une restitution collective.
Architecture des bifurcations énergétiques
Coordonnée par Jean Souviron (Ensa Paris-Est), avec la participation de Raphaël Ménard (Arep), cette semaine thématique vise à approfondir la compréhension des enjeux relatifs à la sortie des énergies fossiles. Organisée autour de visites et de masterclasses, elle permet d’aborder dans toute leur complexité les questions techniques, écologiques, sociales, économiques et politiques relatives à la décarbonation des infrastructures énergétiques.
À l’issue de ces deux semestres, les étudiantes et étudiants réalisent une mise en situation professionnelle de quatre mois. Ils bénéficient du réseau de la formation pour intégrer en France ou à l’étranger des agences d’architecture, bureau d’études, institutions publiques, associations et laboratoires de recherche.
Formation post-master dirigée par Jean Souviron, architecte diplômé d’État, ingénieur des ponts et chaussées, docteur en art de bâtir et urbanisme,
avec : Alia Bengana (EPF Lausanne, HEIA Fribourg), Laurens Bekemans, Yohann Hubert et Jasper Van Der Linden (BC architects & studies & materials, Bruxelles), Paul Bouet (Ensa Paris-Est), Florencia Collo, Rafael Alonso Candau et Olivier Dambron (Atmos Lab, Londres), Pierre Dufour (Antoine Dufour arch., Paris), Camille de Gaulmyn (degré, Paris), Laureline Guilpain (Ville ouverte, Paris), Guillaume Habert (ETH Zurich), Emmanuel Keita (ENPC, Paris), Sébastien Marot (Ensa Paris-Est, EPFL), Romain Mège (Patrimoine et Structure, Paris), Brian Padilla (MNHN), Emmanuelle Raoul-Duval (ROOM, Paris), Claire Vernhes (Ensa Paris-Est, MEAT architectures et territoires), etc.
Langue
Les enseignements sont dispensés en anglais ou en français. Un niveau minimum de B2 est requis dans les deux langues. En français, cela correspond à un score minimum de 400 à 499 points au test de niveau linguistique du TCF. En anglais, cela correspond à un score de 785 à 944 points au TOEIC.
Frais d’inscription
1800 euros. Pour les salariés, cette formation est référencée auprès des organismes de financement comme Pôle emploi ou les OPCO.
Admission
Le post-master ALP s’adresse aux architectes et aux ingénieurs français ou étrangers diplômés. La sélection, de mai à juillet, se fait sur la base d’une lettre de motivation, d’un CV, d’un dossier de travaux et d’un entretien. La formation est ouverte en formation initiale et en formation professionnelle continue.
en savoir plus
Quand et où postuler ?
À partir d'avril, via le portail d’admission Taïga dans le menu déroulant choisir Ensa Paris-Est.
Responsable
Jean Souviron
En bref
Crédits ECTS : 90
Durée : 10 mois (900 h encadrées) + 4 mois de stage
Niveau d'études : bac + 6
Contact :
Formation initiale
Stacy Saillard
Tél. +33 (0)1 60 95 84 68
Inscriptions
Les inscriptions pour l’année 2026-2027
1re session du 2 février au 30 avril
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Crédit photo
Jean Souviron